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11 juin 2014

- John Galliano, son interview confession : "Le nouveau Galliano sera plus grand et plus fort"

John Galliano est cette fois bien décidé à faire son grand retour et il était temps ! Le grand couturier a accordé un entretien au neuropsychiatre Boris Cyrulnik, publié le jeudi 5 juin 2014 dans le magazine "Le Point" - Extraits : 
"Ce qui s’est produit dans ce bar il y a 3 ans était un mécanisme de défense. Je répétais un schéma que j’avais tant connu adolescent, et j’étais sous un mélange explosif de médicaments et d’alcool. Je ne veux pas me trouver d’excuses mais juste expliquer ce que l’addiction peut faire à une personne. Je n’étais plus moi. J’étais provoqué et j’ai dit la chose la plus horrible, la plus insupportable, la plus terrible qui soit."
 
 
Après avoir passé deux mois en cure de désintoxication à la clinique Meadows, en Arizona, John Galliano explique : "J'ai été bien aidé ; tous les employés, même les jardiniers, sont d'anciens toxicomanes. Puis j'ai suivi une cure en Suisse, avant de me reposer en Auvergne avec les vaches, le silence, la solitude. De retour à Paris, je me suis rendu aux Alcooliques anonymes trois fois par semaine avec Marie de Noailles, spécialiste de l'addiction. Mon compagnon Alexis Roche m'a beaucoup aidé. Il a tout fait pour moi. Son dévouement m’a coupé du monde, je ne sais pas héler un taxi, envoyer un mail. Je vivais dans une bulle. Une bulle que je croyais sûre et qui m’empêchait de grandir. En quittant la clinique, je ne savais pas encore très bien où était le monde réel. Maintenant j'entame un périlleux chemin: obtenir le pardon de mes fautes."
 

Il poursuit sur son enfance et se confie sur son homosexualité : «J’ai toujours su que j’étais gay et je me disais que c’était mal. Je souffrais quand je voyais un homme que je trouvais beau ou séduisant. J’avais peur du regard de mon père, cet hétérosexuel italien. Je comprends mieux mon enfance aujourd'hui. Je découvre que j'ai été maltraité par mon père, puis harcelé à l'école parce que j'étais homosexuel. Je n'avais aucun moyen de fuir ces réalités. Je me suis inventé un pays de fantaisie, c'était ma défense. Grâce à mon travail thérapeutique, que je poursuis depuis que j'ai quitté la clinique où je me suis sevré, je dresse l'inventaire de mes émotions. La colère, la peur, la rage. J'en voulais à tout le monde, sauf à moi-même", observe le designer qui affirme avoir remonté la pente. "J'apprends à changer de perspective, à assumer mes responsabilités. Je cesse d'être une victime. J'ai rédigé une liste de personnes à qui j'explique ce qui s'est passé et présente mes excuses. Ce que j'ai fait ne s'effacera pas, mais je le regrette."   


Il termine son entretien sur une note positive et évoque enfin ses futurs projets : "J'adore travailler, c'est ma méditation. Je peux dessiner jusqu'à quatre heures du matin toutes les nuits et ne ressentir aucune fatigue. Le processus créatif me conduit. Demain, je pourrai faire du théâtre, du cinéma ou de la Haute Couture. Dessiner des vêtements. Je n'ai pas encore fait ma meilleure collection. Le nouveau Galliano sera plus grand et plus fort." Et on est très heureux de l'apprendre.

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